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  • mauranphi

Très bel in-folio , avec volvelle en parfait état pour le calcul des éclipses.




Je vous présente ce livre qui sera exposé sur mon stand (607) lors du 6e salon de la Bibliophilie de la Place Saint-Sulpice à Paris. il est aussi consultable sur www.artisanmauran.com

L'Atlas des Tems divisé en quatre livres, La période Louis le Grand, La nouvelle méthode chronologique, La chronologie sacrée de l'Ancien Testament et la Chronologie des années de Grâce, par Jean Louis d'Amiens, dit le sieur de la Motte, capucin.

Publié à Amiens en 1683, il se vendait à Paris chez Nicolas Padeloup , libraire, de la grande famille des Padeloup libraires et relieurs .

Cet ouvrage est un monument dressé au finistère du temps des torches.

Pendant des siècles, les chronologistes ont travaillé dur pour déterminer "l'âge du monde". Juifs et chrétiens étaient d'accord pour affirmer que la solution était dans le Pentateuque, le récit de Moïse. Mais au-delà de cette concordance, apparaissaient de profondes divergences. L'Art de Vérifier les Dates (1730) donne une liste de 108 chronologistes, avec autant d'âges du monde différents (entre 3616 et 6984).

La bible hébraïque comptait 1656 ans entre le début du monde et le Déluge, la Septante [les Grecs], 2256. On a donc accusé les Juifs d'avoir manipulé leurs textes. mais il était difficile d'en faire une doctrine : la Vulgate [les Latins] avait adopté les chiffres des Hébreux.

Le monde s'enrichissant d'expériences nouvelles, les soucis des chronologistes allèrent croissants. Comment caser les Egyptiens et les Chinois dans l'histoire du monde ? La succession ininterrompue de leurs rois ne cadrait pas avec ce que disait Moïse. Le Déluge avait été universel, détruisant toutes les monarchies de la terre, mais chez eux, aucune césure. Il fallait donc qu'ils fussent apparus après , mais alors on se privait de près de deux millénaires pour intégrer des monarchies dont la durée dépassait toutes les bornes.

Les savoirs mobilisés par les chronologistes étaient immense : étude des textes sacrés, érudition antique, grec, latin, hébreu, mathématique, astronomie...En effet, pour permettre de mieux se repérer dans le temps face à ce capharnaüm de dates d'origine, Joseph Scaliger inventa une période de référence, baptisée période julienne qui représente la période nécessaire pour que les systèmes solaire et lunaire reviennent dans la même position qu'au début de la période.


Mais la période julienne était trop courte pour les systèmes qui comptaient plus de 4714 ans entre la création du monde et la naissance de Jésus Christ. J.-L. d'Amiens construisit donc une période deux fois plus longue qu'il baptisa période Louis -le-Grand, ou période louise. Ainsi, en 1683,les Lumières naissantes faisaient déjà admettre que l'ancien cadre chronologique pouvait craquer.

L'ouvrage de J.-L. d'Amiens est intéressant aussi par la volvelle qu'il contient: elle permet le calcul des éclipses, précieux repères pour les chronologies . En mettant leur présivibilité à la portée d'un public lecteur, les vieilles croyances de signes divins explosaient. Souvenons-nous qu'à la même époque , Pierre Bayle, dissertait sur la comète de 1680.

Rejetant l'application de la science des chronologistes à la recherche de la durée du monde et donc de la date de l'Apocalypse, Jean Louis d'Amiens concluait son ouvrage par une prière contre ces calculs, déjà rejetés par Saint Augustin.

Mais , la fin de son monde n'allait pas tarder, se délitant sous les coups de butoirs joyeux d'un XVIIIe siècle émancipateur.

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